le vent nous portera

24 mars 2018

Emma G. Widford - Zidrou & Edith -

emma g widford

Ils s'étaient promis de se marier pour les vingt ans d'Emma. Mais sa fibre d'explorateur fût la plus forte et Roald décida de suivre les traces de son père. Direction le nord de la Laponie, pour éclaircir une légende Sami et, qui sait, peut-être en découvrir les trésors. Après plus d'an sans nouvelle, Miss Wildford décide de monter sa propre expédition pour trouver la trace de son fiancé et savoir enfin ce qu'il lui est arrivé.
Retrouver Édith aux pinceaux d'un Londres tendance victorienne n'est pas vraiment une surprise. Mais la voir associée à Zidrou peut étonner tant leurs univers semblent éloignés. Pourtant, l'alchimie opère et leur collaboration donne naissance à une histoire forte et romanesque dont le charme tient aussi bien au trait tout en finesse de la dessinatrice qu'à l'intrigue qu'elle et le scénariste de L'élève Ducobu ont imaginée.
L'héroïne tout d'abord : une jeune poétesse au sens de la répartie aussi acéré que son verbe est haut. Éprise de liberté, elle n'a que faire du qu'en-dira-t-on et se joue des convenances sans jamais y contrevenir. À travers son regard et son voyage, les auteurs pointent avec finesse une société patriarcale où, même si les femmes peuvent être relativement autonomes, elles demeurent censées se plier à la volonté masculine et attendre le mari parfait. Son périple la révélera comme une personne guidée par l'amour et un farouche désir de vivre, s'engageant dans une véritable quête d'identité avec son lot de rencontres, d'épreuves et de désillusions. Très fluides, ces différentes séquences s'enchaînent avec facilité. Porté par ses vers et les répliques tantôt cinglantes tantôt drôles de l'héroïne, le récit exhale un parfum d'aventure empreint de poésie. Le contraste entre cet été anglais à la chaleur étouffante du début et les larges paysages enneigés scandinaves renvoie également à la dichotomie opposant les carcans de cette Angleterre guindée et les rêves et désirs d'émancipation qui animent Emma, entre ce qu'elle est et ce qu'elle devient.
Le tout est enveloppé dans une atmosphère douce, parfois langoureuse ou onirique, grâce au dessin d’Édith. L'autrice donne corps à ce cadre avec la même aisance dont elle avait fait preuve pour Le Jardin de Minuit. Des compositions élégantes et une expressivité présente à chaque vignette se conjuguent pour offrir une lisibilité idéale. Enfin, ses couleurs, chaudes pour Londres, accentuent la lourdeur de la ville, la sensation pesante - à tout point de vue - qui s'en dégage, tandis que le mystère et l'aventure sont soulignées par des tons plus légers. Pour parfaire ce sans-faute graphique, Soleil gratifie le lecteur d'une superbe édition, agrémentée de « surprises » cachées dans les pages de ce bel objet. Une jolie histoire, un écrin soigné, un dessin et des couleurs au diapason, tous les ingrédients sont réunis pour offrir un album marquant de cette fin d'année. Par M. Moubariki

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5 minutes au paradis - Bernard Lavilliers -

5 minutes au paradis

Etonnant Lavilliers ! Brillant voyageur, qui change encore une fois la donne. Dans ce 21ème album studio, il envoie valser d’un coup de rein les rythmes chaloupés, au profit de guitares électriques, cordes, cuivres et percussions orchestrées en bouquets énergisants. Pour cet album, Bernard Lavilliers retrouve aux arrangements et à la réalisation Fred Pallem, présent dans l’univers du chanteur depuis Causes perdues et musiques tropicales, Florent Marchet rencontré lors de la création du spectacle Frère animal, ou Romain Humeau, chanteur d’Eiffel, artisan de l’album Acoustique et d’une partie de Baron Samedi. Il innove également en conviant, en plus de Benjamin Biolay, les quatre musiciens de Feu! Chatterton pour officier en backing-band sur deux titres, comme au temps du Stéphanois. Plus que jamais, l'artiste est en prise directe avec l'époque. L'écriture est percutante, la voix déterminée, les arrangements troublants...5 minutes au paradis porte Lavilliers au sommet de son art et le consacre une fois encore comme l'un des plus grands artistes de la scène française

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La forme de l'eau

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Modeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultrasecret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres…

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Eparse - Lisa Balavoine -

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À travers une série de fragments, Lisa Balavoine – la quarantaine, divorcée et mère imparfaite de trois enfants – fait le tour de son existence comme on fait le tour du propriétaire, et signe le roman espiègle et nostalgique de toute une génération. Convoquant la mémoire de chansons, de films, d’événements emblématiques des années 80 à aujourd’hui, entremêlant souvenirs de jeunesse et instantanés de sa vie quotidienne, elle fait de son histoire intime un récit dans lequel chacun peut se reconnaître. Car les questions qu’elle pose (sur l’éternel recommencement de l’amour, sur les héritages et la transmission…) sont les nôtres. Car ses doutes, ses joies, ses peines fugaces ou durables, nous les connaissons. Car les inventaires audacieux qu’elle propose (description à la Perec d’un tiroir de salle de bain, arguments pour ou contre la vie de couple, liste de ses phobies, déclarations d’amour aux acteurs qu’elle a aimés…) nous renvoient à nos propres obsessions. Telle est la prouesse de ce livre : à mesure que l’auteur rassemble les morceaux de son puzzle personnel et tente l’autopsie de la première moitié de sa vie, c’est le lecteur qui se redécouvre lui-même.

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Amours fragiles - En finir - Beuriot & Richelle -

amour fragile en finir

Martin a été blessé sur le front de l'Est. Après sa convalescence, et grâce à quelques appuis, il est caserné en Allemagne, loin des combats. Se croyant à l'abri, il ignore qu'un danger encore plus grand le menace : il se trouve au sein d'un nid d'opposants au Führer qui préparent la funeste opération Walkyrie... Bien que son petit grade ne lui confère aucune importance dans cette conspiration de hauts gradés, il ne pourra éviter la compromission et donc une possible issue létale.

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11 mars 2018

The waterboys - This is the sea -

the water boys this is the sea

Déjà reconnu avec The Waterboys sorti en 1983 et les titres « December » et « A Girl Called Johnny », le groupe de Mike Scott se place au premier plan deux ans plus tard avec This Is the Sea. Vecteur du talent de Mike Scott, The Waterboys montre effectivement que le chanteur et guitariste est l'un des chanteurs et compositeurs les plus talentueux de l'époque. Soutenu par les cuivres de Roddy Lorimer et Andy Thistlewaite, et le violon de Steve Wickham, qui apportent une couleur évidente aux titres, Mike Scott frappe fort avec le classique instantané qu'est « Don't Bang the Drum ».  Titre majestueux avec ses espagniolades en introduction, le saxophone déchaîné et la voix voilée de Mike Scott qui accroche de part en part un morceau inoubliable. Plus convenu, le hit « The Whole of the Moon » se rapproche davantage du big rock de The Waterboys, malgré l'irruption de trompettes très pop et de quelques influences celtiques ici et là. Le tube expédié, This Is the Sea peut revenir dare-dare à des titres plus élaborés comme « The Pan Within » et  son violon, « Medecine Bow » à l'urgence qui a vu le punk rock, le forcément nostalgique « Old England », et « Trumpets », avec toujours cette voix de Mike Scott qui dirige parfaitement le titre. Déjà échappé de la new wave, The Waterboys et son leader charismatique jettent avec This Is the Sea les bases d'un certain rock alternatif britannique. Le modernisme de This Is the Sea est opportunément rappelé par Mike Scott en 2011, lorsque sort In a Special Place, constitué des démos piano-voix de This Is the Sea. Les chansons livrées dans leur nudité y révèlent alors une dimension supplémentaire. Les deux albums constituant les deux faces d'un talent immense. Francois Alvarez -

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Van Morrison - Keep me singing -

van morrison keep me

Le légendaire Van Morrison signe son grand retour. Keep Me Singing, le trente-sixième album studio de Van Morrison, se compose de treize titres. Douze chansons ont été écrites et interprétées par Morrison, et cet opus comporte également une reprise du standard blues Share Your Love With Me écrit par Alfred Baggs et Don Robey, enregistré par des artistes comme Aretha Franklin et Kenny Rogers. Pour le titre Every Time I See A River, Morrison a collaboré avec le grand parolier Don Black. Le dernier morceau de l'album, Caledonia Swing, est un instrumental sur lequel Van joue du piano et du saxophone. Tous les titres ont été produits par Van Morrison

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La forêt millénaire - Jirô Taniguchi -

la foret millénaire

Suite au divorce de ses parents et à la maladie de sa mère, Wataru est accueilli par ses grands-parents. Pour le jeune garçon tokyoïte, cette nouvelle vie à la campagne est un bouleversement. Il découvre sa nouvelle école, son nouvel environnement. La forêt en particulier l'impressionne et semble lui communiquer une force presque surnaturelle, venue du fonds des âges. Lorsqu'il devra faire ses preuves face au groupe d'enfants qui le mettent au défi, c'est d'elle que lui viendra un courage intérieur qui lui était inconnu.

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Edelweiss - Mayen & Mazel -

edelweiss

Olympe est une jeune femme issue d'une famille aisée, féministe avant l'heure, qui revendique son indépendance et rêve d'ascension du Mont Blanc. Edmond, ouvrier comme son père, cherche à s'établir et rêve d'un quotidien bien tranquille. Entre les deux, les différences sont nombreuses. Pourtant, ce soir d'été 1947, lorsque leurs regards se croisent et qu'ils se retrouvent, tout est déjà écrit. Une vie d'amour les attend, même si elle ne sera pas de tout repos.
La dernière planche de Lucy Mazel, parue dans Les éléphants rouges (deuxième tome de la série Les Communardes, chez le même éditeur), laissait la sensation d'avoir croisé une artiste en devenir, au style reconnaissable, teinté d'une sorte de réalisme finement exagéré. Un petit quelque chose de Jordi Lafebre (Les beaux étés, La mondaine) dans le trait avec des couleurs surannées collant à merveille à l'époque. À la vue des premières pages d'Edelweiss, difficile de ne pas éprouver le même plaisir, décuplé. En effet, l'artiste paloise continue dans cette voie et les progrès affichés sont nets. Son trait a pris de l'assurance, et sa mise en page en expérience : souvent sobre, parfois inventive, à chaque fois élégante et maîtrisée. Encore plus précis, les visages ont gagné en expressivité et chaque attitude, chaque regard paraissent authentiques tandis que son travail sur la colorisation fait à nouveau mouche, donnant à l'ambiance après-guerre une crédibilité appréciable. De même, les paysages, notamment de montagnes, comme les costumes, sont très réussis. De surcroît, le soin qu'elle porte au traitement de la lumière, réelle ou artificielle, est tout simplement bluffant. Mention spéciale à certaines pleines pages (dont celles de titre), véritables tableaux, qui habilleraient plus d'un mur de bédéphile. L'ensemble est équilibré, toujours juste, et contribue à merveille au charme du récit imaginé par son complice.
Car l'intrigue de Cédric Mayen possède tout ce qu'il faut pour emporter l'adhésion. Même si la période couverte est assez longue, il concentre son propos sur une simple histoire d'amour. Simple ? Pas vraiment, tant les soubresauts de cette idylle seront nombreux et entreront en résonance avec le passé de la France. L'affirmation de la classe ouvrière, la lutte pour l'émancipation des femmes, l'importance du service militaire ou l'entrée dans une économie capitaliste servent de toile de fond à sa trame. Par-dessus ces éléments, le scénariste plaque avec talent les aléas de la Vie. La difficulté d'un mariage hors classe et le poids des convenances, le choix de la parentalité puis ses difficultés, l'amitié, et au milieu, toujours l'amour et la montagne. Raconter toute l'existence d'un couple peut sembler banal ; ici pourtant, l'auteur parvient parfaitement à faire ressentir chaque choix, chaque épreuve, chaque tourment avec une force incroyable. Le lecteur se prend à vibrer, espérer, pleurer, regretter, rire, bref, à vivre avec Olympe, Edmond et les leurs. Sans jamais tomber dans l'excès, il préserve un difficile équilibre pour bien raconter sans en faire trop. Cette fluidité dans la narration repose également sur le bon tempo avec lequel les événements se manifestent. Jamais trop vite, jamais téléphonés, lorsqu'ils se produisent, ils surprennent, emportent ou troublent. Et tant pis si certaines rencontres semblent bienvenues, une fiction a cela de magique que tout y est possible si c'est bien présenté. Il y arrive avec justesse en immergeant le lecteur du début à la fin des quatre-vingts planches.
Si la qualité d'une œuvre se mesure à l’éventail et à l'intensité des émotions qu'elle procure, Edelweiss atteint, à n'en pas douter, des sommets. Par M. Moubariki

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Pierre Lapointe - La science du coeur -

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Pierre Lapointe présente La science du coeur, une oeuvre qui ausculte les méandres du sentiment amoureux. Posant un nouveau jalon dans le foisonnant parcours d'un artiste libre et inspiré, ce disque opère une habile greffe entre chanson française, musique contemporaine et musique orchestrale. "?Les textes s'inscrivent dans la tradition de la chanson réaliste alors que les musiques sont très reichiennes?", explique Pierre Lapointe qui fait ici référence à Steve Reich, compositeur new-yorkais et pionnier du minimalisme. L'instrumentation, dont l'apport de l'ensemble de cordes de l'Orchestre symphonique de Montréal dirigé par Simon Leclerc, confère pour sa part une couleur classique aux pièces. Sur ce nouvel album, l'auteur-compositeur jette un regard lucide et sans concession sur l'amour au temps du numérique, à une époque où l'image n'a jamais occupé autant de place. Tantôt cru et impitoyable (" La science du coeur, Qu'il est honteux d'être humain, Sais-tu vraiment qui tu es "), tantôt émouvant et animé d'un espoir fragile (" Le retour d'un amour, Prince charmant, Une lettre "), Pierre Lapointe gratte sous le vernis avec une précision chirurgicale, mettant au jour les dysfonctions et les contradictions. "?La science du coeur est un objet d'abstraction propulsé par la volonté qu'ont les gens tristes à se laisser toucher?", chante-t-il dans la pièce-titre. Enregistré à Montréal et mixé à Paris, l'album La science du coeur est le fruit d'une étroite collaboration avec David François Moreau, un musicien, compositeur et arrangeur français qui oeuvre dans les domaines de la chanson, du film, de la danse et du théâtre. "?Il s'agit d'une rencontre comme on en fait peu dans une carrière, mentionne Pierre Lapointe. David François avait assisté à mon spectacle Paris tristesse alors qu'il était de passage à Montréal. Nous avons ensuite fait connaissance pour nous découvrir rapidement de réelles affinités artistiques.?" Outre les arrangements et la réalisation, David François Moreau signe quatre musiques. Félix Dyotte (Zopiclone) et Daniel Bélanger (Une lettre) ont aussi collaboré à la composition. À mi-chemin entre classicisme et avant-garde, La science du coeur remet l'album concept au goût du jour. "?Ce disque a été conçu pour être écouté sans interruption?", peut-on lire dans le livret créé par Pascal Blanchet et orné d'une photo de John Londoño. En se prêtant à l'exercice, on se rend compte que chaque chanson nourrit la suivante, le tout constituant un parcours amoureux dont on ne sort pas indemne. La science du coeur sera lancé simultanément des deux côtés de l'Atlantique. Une production Audiogram, ce disque marque pour Pierre Lapointe le début d'une collaboration avec Columbia, une étiquette de Sony Music France.

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