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On m’a demandé si ce visage était le mien. J’ai dit non, c’est celui de ma sœur presque jumelle. Enfant, je ne me regardais pas dans les miroirs. Je m’imaginais comme elle.En 2004, cela fait déjà quelques temps que notre complicité s’est estompée. Je débute mes études d’arts plastiques. Son premier fils a 18 mois, elle vient d’accoucher de ses jumeaux. On s’éloigne encore plus. Régulièrement je vais lui rendre visite, et quand elle l’accepte, je la photographie. D’un an mon aînée, nous avons grandi côte à côte, dans la même chambre, puis à l’école dans la même classe. A 17 ans, j’ai pris mes distances vis à vis d’elle et de l’autorité parentale. Sylvie est restée, enfermée dans ce cocon, à l’écart du monde, jusqu’à sa rencontre avec son « sauveur », le père de ses enfants. 2014, je me plonge dans 10 ans d’images de sa vie en parallèle. Je mets en forme mon point de vue par le travail du livre. Et, à l’atelier, je rephotographie certaines de ses images, en les associant à d’autres, à mes peintures, ou à des images de notre enfance. Je me souviens. Sylvie m’a toujours fascinée, dans sa complexité et dans nos différences. Avec ce travail, je la retrouve, et je m’ interroge sur ce qu’ elle est devenue. Un personnage écartelé, entre ses réalités de fille, de femme, de mère et de sœur qui s’imposent parfois douloureusement, et le désir des autres qui gravite. Très loin de sa vie rêvée.Née en Belgique en 1974, Erika Vancouver vit et travaille à Bruxelles. En 2004, elle entreprend des études d’arts plastique à l’Ecole de Recherche graphique de Bruxelles. Rapidement, les pratiques photographiques et sculpturales s’imposent à elle. En 2009, elle obtient son master en Arts plastiques et elle est lauréate du Prix Mission Jeunes Artistes du Forum de l’Image de Toulouse. En 2010, à l’invitation de l’association Point de fuite de Toulouse, elle participe à l’exposition d’Art contemporain Fantasmagories, au Château de Capdeville. En 2011, grâce à une série d’images réalisées en Russie et en Belgique sur une famille moscovite, elle bénéficie d’une résidence à l’Espace photographique Contretype de Bruxelles. La même année, elle obtient une bourse de recherche en sculpture de la Communauté Française de Belgique, au Musée de la Tapisserie de Tournai. En 2012, sa sélection par l’Atelier de Visu de Marseille pour le projet The other european travellers consacré à l’émigration du sud vers le nord de l’Europe après guerre, l’amène à réaliser différentes séries photographiques sur la communauté italienne de Belgique. En 2014, ce projet est exposé en Espagne, au Centro de Artes de Séville, et au Portugal, au Centro Portugues de la Fotografia de Porto. Son travail fait partie de la Collection Contretype (Bruxelles à l’infini), exposée en 2014 à la Centrale for contemporay art de Bruxelles.