the smiths the queen

Et s'il fallait n'en retenir qu'un. S'il fallait un groupe majeur, reconnu tant par ses pairs que les vagues successives qui suivirent et au succès commercial pourtant relatif. S'il fallait que ce groupe soit celui qui redonna le goût et la noblesse du rock britannique. S'il fallait citer qu'un parolier capable avec la maestria de sa plume, la sincérité et l'acuité de ses mots, l'ironie et l'humour de sa personne, de dépeindre une époque, âpre et dépersonnalisée. S'il fallait un guitariste remarquable par sa culture musicale et une technicité de haute voltige pour la retranscrire en proposant des mélodies imparables au son de sa Fender telecaster. S'il fallait choisir un album à l'apogée de ce groupe et fantastique dans sa dramaturgie, point d'orgue des tensions entre les deux leaders, la chute d'un de leur membre sous l'emprise de la drogue et la fin de cycle avec leur label d'origine. S'il ne fallait en retenir qu'un, ça serait The Smiths et ses frères ennemis, Morrissey (voix) et Johnny Marr (guitare) sur The Queen is dead. Du fait d'une certaine méconnaissance par le plus grand nombre du groupe, il est difficile d'estimer à sa juste valeur l'aura des Smiths, capable autant d'auto-dérision (Bigmouth strikes again, "la grande gueule a encore frappé") que de subversion subtile (The queen is dead), avec une finesse des arrangements extraordinaire (There is a light that never goes out) pour des mélodies entraînantes (Frankly, Mr. Shankly) et mélancoliques (I know it's over). The Smiths est et restera dans le panthéon du rock. God save them (not the queen). Mr Blue