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Le plus lettré des groupes de rock français laisse la lumière caresser son spleen existentiel. Leur premier album, Ici le jour (a tout enseveli), fut l’une des plus fascinantes surprises de l’automne 2015. Courageusement porté par un chant théâtral au lyrisme assumé, ce recueil de chansons flamboyantes les avait propulsés à l’avant-garde de la scène rock hexagonale. Second tome prenant, L’Oiseleur devrait ravir les amateurs de paroles en alexandrins et de mélodies lumineuses. Après une tournée à rallonge qui les a conduits à travers la France, les cinq Parisiens ont choisi de s’installer temporairement dans les Landes pour commencer à enregistrer leur deuxième album, finalisé à Paris aux côtés de leur fidèle producteur, Samy Osta. Des voyages en Italie et en Espagne ont aussi nourri leur créativité.Un album plus composite, entre luxe, rage et volupté Ces différents endroits leur ont visiblement fait beaucoup de bien. Gorgé de soleil réparateur, L’Oiseleur s’autorise des escapades vers l’electro-pop synthétique (Anna), le krautrock (La Fenêtre), ou le rap minimaliste (L’Ivresse). Le groupe parvient à se débarrasser de certains des tics du premier album, notamment cette exaltation dévorante qui pouvait lasser à la longue. Si certains morceaux de ce nouvel album brillent par leur intensité explosive (Grace, en particulier), d’autres étonnent, au contraire, par leur apaisement et leur sobriété. C’est le cas du sublime Erussel Baled (Les Ruines), l’un des sommets de L’Oiseleur, qui les rapproche de Dominique A. Derrière cette plume vénéneuse, Arthur Teboul cultive son timbre éraillé en s’exprimant dans la langue de Bashung et d’Higelin. Le chanteur au look de dandy ne cache pas ses passions littéraires – il cite L’Adieu d’Apollinaire sur Souvenir, n’hésite pas à employer le passé simple et à égrainer un vocabulaire de khâgneux. On suit volontiers les méandres de son esprit grâce à sa force de persuasion, encore plus manifeste sur scène. Abonnez-vous à partir de 1€ Feu! Chatterton - L'Oiseleur Le plus lettré des groupes de rock français laisse la lumière caresser son spleen existentiel. Leur premier album, Ici le jour (a tout enseveli), fut l’une des plus fascinantes surprises de l’automne 2015. Courageusement porté par un chant théâtral au lyrisme assumé, ce recueil de chansons flamboyantes les avait propulsés à l’avant-garde de la scène rock hexagonale. Second tome prenant, L’Oiseleur devrait ravir les amateurs de paroles en alexandrins et de mélodies lumineuses. Après une tournée à rallonge qui les a conduits à travers la France, les cinq Parisiens ont choisi de s’installer temporairement dans les Landes pour commencer à enregistrer leur deuxième album, finalisé à Paris aux côtés de leur fidèle producteur, Samy Osta. Des voyages en Italie et en Espagne ont aussi nourri leur créativité. Rendez-vous au Good Concept Store pour une exposition originale sur le design ! Contenu sponsorisé Et découvrez l'objet du gagnant du concours DESIGN MOI UN OBJET. Un album plus composite, entre luxe, rage et volupté Ces différents endroits leur ont visiblement fait beaucoup de bien. Gorgé de soleil réparateur, L’Oiseleur s’autorise des escapades vers l’electro-pop synthétique (Anna), le krautrock (La Fenêtre), ou le rap minimaliste (L’Ivresse). Le groupe parvient à se débarrasser de certains des tics du premier album, notamment cette exaltation dévorante qui pouvait lasser à la longue. Si certains morceaux de ce nouvel album brillent par leur intensité explosive (Grace, en particulier), d’autres étonnent, au contraire, par leur apaisement et leur sobriété. C’est le cas du sublime Erussel Baled (Les Ruines), l’un des sommets de L’Oiseleur, qui les rapproche de Dominique A. Derrière cette plume vénéneuse, Arthur Teboul cultive son timbre éraillé en s’exprimant dans la langue de Bashung et d’Higelin. Le chanteur au look de dandy ne cache pas ses passions littéraires – il cite L’Adieu d’Apollinaire sur Souvenir, n’hésite pas à employer le passé simple et à égrainer un vocabulaire de khâgneux. On suit volontiers les méandres de son esprit grâce à sa force de persuasion, encore plus manifeste sur scène. Accompagné de ses quatre complices (Clément Doumic, Sébastien Wolf, Antoine Wilson et Raphaël de Pressigny), il s’apprête à reprendre la route pour une série de concerts que l’on espère très longue. Toujours en verve, entre apaisement et tourmente, Feu ! Chatterton continue de tracer son chemin entre poésie et rock. Luxe, rage et volupté. - Les inrocks -